Berlioz' meesterwerk in samenwerking met Aïda Gabriels

Amour, haine et réconciliation : l'Antwerp Symphony Orchestra interprète le chef-d'œuvre de Berlioz en collaboration avec Aïda Gabriëls.

ANVERS – La violence est-elle nécessaire pour parvenir à la réconciliation ? C'est avec cette question pressante que l'Antwerp Symphony Orchestra et le Muziektheater Transparant parcourent ce printemps les salles de concert d'Anvers et de Bruges. Dans une mise en espace singulière d'Aïda Gabriëls, le chef-d'œuvre d'Hector Berlioz, Roméo et Juliette, se transforme en une impressionnante expérience de théâtre musical qui explore la frontière entre l'individu et la masse.

Lorsqu'Hector Berlioz composa son Roméo et Juliette, il balaya toutes les conventions. Le résultat fut une « symphonie dramatique » : une forme hybride où l'action dramatique est entièrement portée par la musique elle-même. Pour la metteuse en scène Aïda Gabriëls, connue pour son langage visuel provocateur et novateur, c'est le point de départ idéal.

Dans son interprétation, les amants n'ont pas de voix ; leur histoire est racontée par la puissance de l'orchestre et des chœurs.

Gabriëls ne choisit pas une mise en scène classique, mais un concept spatial. « Pour moi, la musique est devenue un espace dans lequel l'histoire se déploie », explique-t-elle. Dans cet espace, la « masse » joue le rôle principal. Avec un impressionnant chœur de soixante-dix chanteurs et un ensemble plus restreint faisant office de chœur grec, la tension entre le collectif et l'individu devient tangible. Les solistes n'apparaissent pas comme des personnages traditionnels, mais comme des voix qui émergent organiquement de la masse.

Avec cette production, la metteuse en scène voit au-delà du romantisme de la célèbre histoire d'amour et met le doigt sur une blessure douloureuse et actuelle.

« Quand on y regarde de plus près, l'histoire est particulièrement horrible : ce n'est qu'à travers la tragédie de deux jeunes gens que les familles ennemies parviennent à se réconcilier. Cela soulève une question qui reste pertinente aujourd'hui : avons-nous besoin de conflits ou de violence pour trouver un terrain d'entente ? » – Aïda Gabriëls

Pour renforcer ce climat de tension, la production ajoute de nouvelles dimensions à l'œuvre de Berlioz. Sur de grands écrans apparaissent des références visuelles au cinéma italien des années soixante et soixante-dix, où la masse est au cœur du sujet en tant que corps politique. De plus, l'autrice Dominique De Groen a écrit de nouveaux textes poétiques qui, à des moments cruciaux, mènent une réflexion sur la position de l'homme au sein du groupe.

Sous la direction du célèbre chef d'orchestre Dima Slobodeniouk, l'Antwerp Symphony Orchestra rassemble un ensemble impressionnant sur scène. Aux côtés de l'orchestre brillent l'Octopus Symfonisch Koor et le Laurens Collegium. Le monde international de l'opéra est représenté par les solistes de premier plan Bryan Register (ténor), Kai Rüütel-Pajula (mezzo-soprano) et Nahuel di Pierro (basse). La conception lumière d'Anne van Es complète cette expérience sensorielle.

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